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Le cercle de lecture reçoit Alexandre Seurat

la maladroite

Dans le cadre du cercle de lecture du lycée et en partenariat avec la librairie Gwalarn de Lannion, nous avons reçu au CDI du lycée, jeudi 7 janvier, l’auteur de La maladroite, Alexandre Seurat.

Le dialogue s’est instauré très rapidement entre les élèves des  classes de 2de15 et 2de 14, leurs professeures respectives, Mme Kervran et Mme Zimmermann, et l’auteur, très disponible.

source P. Gestin, Le Trégor
source P. Gestin, Le Trégor

Né en 1979, Alexandre Seurat est professeur de lettres à Angers. Il soutient en 2010, une thèse de littérature générale et comparée. La maladroite est son premier roman publié. Inspiré d’un fait divers, le meurtre d’une petite fille par ses parents, ce roman recompose par la fiction les monologues des témoins impuissants de son martyre, membres, enseignants, services sociaux, gendarmes, médecins…

En juin 2012, A. Seurat tombe, au moment du procès qui a duré 10 jours, sur des chroniques judiciaires portant sur l’affaire Marina. Choqué, il ressent le besoin d’écrire pour se débarrasser de la charge émotionnelle que la lecture des différents articles de presse a suscitée en lui. S’il n’a pas encore été édité, ce besoin d’écrire n’est pas nouveau. Il a déjà envoyé plusieurs manuscrits à des éditeurs, en vain ! Dès le départ, il imagine et rédige donc plusieurs monologues, en particulier celui du frère de Marina – Diana dans le livre – dont le témoignage auquel il a eu accès au travers d’articles de presse, l’a beaucoup touché. Le but est d’essayer de se mettre à la place de toutes ces personnes, d’imaginer leur ressenti ; il s’agissait de faire vivre leurs voix nourries de culpabilité pour ensuite les imbriquer les unes aux autres en une sorte de puzzle, afin de s’approprier émotionnellement l’événement.

En reconstruisant ce récit  à partir du matériau journalistique et des chroniques du procès, A. Seurat nous donne à lire un texte au déroulement chronologique ou les différents monologues se répondent et se complètent, qui sans rien cacher de l’horrible réalité, évite d’être dans le voyeurisme. La mise à distance qui passe par la parole de chacun des témoins de ce drame, souligne avec plus de poids encore, la tragédie pressentie ou connue de tous ces acteurs, sans qu’aucun n’ait pu ou voulu y mettre fin. C’est bien ici le sujet du livre, la tragédie des témoins, leur impuissance, leur incapacité, leur manque de volonté à mettre fin à cet engrenage, et au bout du compte leur culpabilité.

Un roman d’une lecture bouleversante ! A lire d’urgence si ce n’est pas encore fait !

Sylvia Laborie d’après les notes de Mme Kervran