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Jeunesse, ruptures et résilience

Pourquoi avoir intitulé cette rencontre « Jeunesse, ruptures et résilience » ?  Parce que, commeespritbilliebel-air vous l’aurez compris, il existe de grandes similitudes entre ces trois histoires. Toutes trois parlent de la jeunesse passée et présente, et d’évènements, de ruptures survenus durant cette période, qui ont influé sur le héros/héroïne devenu(e)adulte.

Qui est Laura Kasischke, l’auteure d’Esprit d’hiver ?

Laura KaschiskeElle est née en 1961. Ecrivaine et poétesse américaine d’origine allemande, polonaise, russe et anglaise, elle vit dans le Michigan avec son mari et son fils. Elle est professeure d’anglais à l’université de Ann Harbor. Son oeuvre poétique publiée dans des revues a reçu de nombreux prix littéraires. Deux de ses romans, La vie devant ses yeux et Suspicious river ont été adaptés au cinéma.

Esprit d’hiver a été publié en France avant que de l’être aux Etats-unis. Elle travaille sur Freud et s’intéresse beaucoup à la psychanlyse et à l’inconscient. On retrouve dans ses romans, tension, malaise diffus, danger pouvant venir de n’importe où, de n’importe quoi et à n’importe quel moment, formant une sorte de violence latente entourant le drame à venir.

Dans ce roman, tout commence par la phrase avec laquelle se réveille Holly, le matin de Noël : « Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux« . Et Holly, qui dans le passé a écrit de la poésie, pense aussitôt « je dois l’écrire avant que cela ne m’échappe ». Mais alors même que cette pensée la traverse, elle s’aperçoit qu’elle ne s’est pas réveillée à temps. Elle a un millier de choses à préparer pour la soirée de Noël et ne trouve pas vraiment le temps de s’installer pour écrire. Son mari parti chercher ses parents à l’aéroport, est coincé dans une terrible tempête. Tatiana, sa fille chérie, sa fille adoptée et ramenée de Russie, n’est, elle aussi, guère coopérative.

C’est ainsi que la tension s’installe dans un huis-clos entre Holly et une Tatiana dont le comportement devient de plus en plus étrange et inquiétant.

Un roman habilement tissé, un thriller d’une grande tension psychologique : les avis sont unanimes.

Anna GavaldaOn ne la présente plus ou presque plus, Anna Gavalda. Née en 1970, elle est déjà à 22 ans lauréate du Prix du livre Inter. Professeure de français en collège, elle publie également en jeunesse. Parmi ses oeuvres, ne citons que « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part », un recueil de nouvelles traduit en 27 langues qui en 2000, reçoit le Grand Prix RTL-Lire, « Je l’aimais » et « Ensemble, c’est tout ».

 

Sur « Billie » les critiques sont mitigées et en général plutôt tranchées. Billie, notre héroïne est une toute jeune fille qui pour le moment, n’a pas été vraiment gâtée par la vie. Elle se rapproche de Franck, un garçon qui est dans la même classe de 3ème, à l’occasion d’un travail sur la pièce de Musset « On ne badine pas avec l’amour ». Franck, lui aussi est différent, rejeté.

Les reproches faits à ce textes ne portent pas sur l’histoire racontée, mais sur la langue et le style utilisés par Anna Gavalda : trop vulgaire, trop irréaliste, elle en fait trop ou pas assez, ou le ton n’est pas juste… Certains parmi les lecteurs ont pris la défense de ce texte : qui sait parmi nous comment parle en réalité une jeune fille comme Billie ? On ne peut faire ces reproches à Anna Gavalda, et si cela en dérange certains, c’est peut-être parce qu’elle a touché au bon endroit !

Lionel SalaunLionel Salaün est né en 1959 à Chambéry. Il publie en 2010, un premier roman très remarqué « Le retour de Jim Lamar », qui obtient une douzaine de prix. « Bel-Air » est son deuxième roman.

Lionel Salaün enchaîne les petits boulots comme pêcheur de sardines, photographe, magasinier… et consacre son temps libre à l’écriture. Il est passionné de géographie, de cinéma et de blues américain. Mais qui peut mieux parler de lui que l’auteur lui-même ?

Le décor de Bel-Air, c’est une cité ouvrière  à l’écart du centre-ville, et son bistrot, Le Bel-Air. Franck est de retour dans la cité de son enfance et de sa jeunesse, après une absence dont on ne connaîtra les raisons qu’à la fin du roman. Il revient et retrouve un certain nombre des connaissances et amitiés de l’époque, dont Gérard qui a repris le bistrot de ses parents, alors que le Bel-Air est sur le point de disparaître.

Sur fond de guerres d’Indochine et d’Algérie, Lionel Salaün nous parle de racisme ordinaire, de clivage social, de bouleversements géographiques, urbanistiques et sociaux, d’amitié et de loyauté.

Un roman assez unanimement apprécié de tous, qui nous transporte sur un rythme calme à une époque qui rappelle quelques souvenirs aux plus vieux d’entre nous.